Vous avez fait réaliser deux certificats PEB pour un même logement et les résultats ne sont pas identiques ? Cette situation peut être surprenante, particulièrement lorsque le bien n’a pas été transformé entre les deux visites.
Un certificat PEB repose pourtant sur une méthode réglementée. Le certificateur doit suivre un protocole précis, relever les caractéristiques du logement et encoder les données dans le logiciel officiel de la Région.
Malgré cette méthodologie commune, plusieurs éléments peuvent expliquer une différence entre deux résultats.
Le protocole PEB peut avoir évolué
La réglementation et la méthode de calcul PEB évoluent régulièrement. Un certificat réalisé aujourd’hui ne peut donc pas toujours être comparé directement avec un certificat établi plusieurs années auparavant.
Depuis sa création en 2011, le certificat PEB bruxellois a notamment connu plusieurs évolutions, dont des modifications importantes en 2017 et en 2024. Le modèle du certificat, le protocole de relevé, les règles d’encodage et certaines valeurs utilisées dans le calcul peuvent donc différer selon la date de réalisation.
Une différence de score ne signifie dès lors pas automatiquement que l’un des certificateurs s’est trompé. Elle peut provenir d’une évolution officielle de la méthode.
Les documents disponibles n’étaient pas les mêmes
Le certificateur PEB se base sur deux principales sources d’information :
les éléments qu’il peut constater pendant la visite ;
les documents considérés comme des preuves acceptables par le protocole.
Une isolation placée dans une toiture, un mur ou un plancher n’est pas toujours visible lors de la visite. Lorsque son épaisseur ou sa nature ne peut pas être constatée, le certificateur doit appliquer les règles prévues par le protocole.
Si le premier certificateur disposait d’une facture, d’une fiche technique ou de photos des travaux, il a peut-être pu encoder précisément l’isolation. Si ces documents ne sont plus disponibles lors d’une nouvelle certification, le deuxième certificateur peut être obligé d’utiliser une valeur moins favorable.
À l’inverse, un nouveau certificat peut obtenir un meilleur résultat lorsque le propriétaire retrouve des preuves qui n’avaient pas été fournies précédemment.
Le protocole bruxellois impose au certificateur de relever les données sur place ou de les justifier au moyen de documents reconnus comme sources acceptables.
Les superficies peuvent être différentes
Le calcul du certificat PEB repose sur des mesures précises. Une différence dans les longueurs, les hauteurs, l’épaisseur des murs ou la surface de plancher peut influencer le résultat final.
C’est notamment le cas pour :
les logements mansardés ;
les maisons avec plusieurs demi-niveaux ;
les bâtiments comportant des annexes ;
les immeubles anciens dont les plans ne correspondent plus exactement à la situation réelle ;
les logements disposant de murs mitoyens irréguliers.
Les règles relatives aux hauteurs sous toiture et aux surfaces prises en compte peuvent également évoluer. Lorsqu’un ancien certificat repose sur une règle ou une méthode de mesurage différente, la superficie utilisée dans le calcul peut ne pas être identique à celle du nouveau certificat.
Il est donc important de comparer non seulement la classe énergétique, mais également la surface brute de plancher reprise sur les deux documents.
Les caractéristiques de l’isolation peuvent varier
La simple mention « toiture isolée » ne suffit pas toujours. Le calcul dépend notamment :
du matériau isolant ;
de son épaisseur ;
de sa valeur thermique ;
de la date des travaux ;
de la surface réellement isolée ;
de la continuité de l’isolation ;
de la présence éventuelle d’une lame d’air.
Une facture indiquant uniquement « travaux d’isolation » peut ne pas permettre de déterminer précisément le produit utilisé ou son épaisseur.
À l’inverse, une facture détaillée mentionnant, par exemple, 12 cm de panneaux Recticel avec une référence précise permettra généralement un encodage beaucoup plus fiable, sous réserve du respect des règles relatives aux preuves acceptables.
Les fenêtres peuvent avoir été encodées différemment
Le type de vitrage et les caractéristiques des châssis ont également un impact sur le résultat.
Le certificateur peut devoir distinguer :
simple vitrage ;
double vitrage ancien ;
double vitrage à haut rendement ;
triple vitrage ;
châssis en bois ;
châssis en PVC ;
châssis métalliques avec ou sans coupure thermique.
La présence d’un marquage dans l’espaceur du vitrage, d’une facture ou d’une fiche technique peut permettre d’obtenir des informations plus précises.
Sans preuve suffisante, le certificateur doit appliquer les valeurs prévues par le protocole, qui peuvent être moins favorables que les performances réelles du vitrage.
Les installations techniques ont pu être identifiées différemment
Le chauffage et la production d’eau chaude sanitaire représentent une partie importante du calcul PEB.
Des différences peuvent concerner :
la marque et le modèle de la chaudière ;
son année de fabrication ;
son rendement ;
son caractère à condensation ou non ;
la présence d’une régulation ;
le type de thermostat ;
les vannes thermostatiques ;
l’isolation des conduites ;
le système de production d’eau chaude ;
la présence d’un ballon de stockage ;
les panneaux photovoltaïques ou thermiques.
Une chaudière mal identifiée ou encodée avec des données par défaut peut modifier le résultat.
Il est donc utile de laisser accessibles les plaques signalétiques et de préparer les documents techniques avant la visite.
Un ancien certificat peut contenir une information qui n’est plus vérifiable
Il arrive qu’un ancien certificat mentionne une isolation ou une caractéristique technique dont le propriétaire actuel ne possède plus les justificatifs.
Le nouveau certificateur ne peut pas nécessairement recopier automatiquement toutes les informations de l’ancien certificat. Il doit respecter le protocole applicable au moment de sa mission et vérifier les données au moyen des constats ou documents autorisés.
Un ancien certificat constitue une information utile, mais il ne remplace pas toujours les preuves requises pour chaque élément technique.
Les travaux réalisés depuis l’ancien certificat peuvent modifier le résultat
Même des travaux qui semblent relativement limités peuvent influencer le PEB :
remplacement de la chaudière ;
ajout d’une régulation ;
remplacement des vitrages ;
isolation d’une partie de la toiture ;
transformation d’un grenier ;
intégration d’une annexe dans le logement ;
installation de panneaux photovoltaïques ;
modification du système d’eau chaude.
Lorsque des travaux ayant une influence énergétique sont réalisés, Bruxelles Environnement recommande d’actualiser le certificat afin qu’il reflète au mieux l’état réel du logement. Un certificat PEB reste normalement valable dix ans, mais il peut être utile de le mettre à jour plus tôt après une rénovation.
Comment comparer correctement deux certificats PEB ?
Il ne faut pas comparer uniquement la lettre figurant sur la première page.
Il est conseillé de vérifier :
la date de réalisation ;
la version ou le modèle du certificat ;
la consommation exprimée en kWh/m²/an ;
la surface brute de plancher ;
le volume protégé ;
les surfaces des murs, toitures et planchers ;
les matériaux d’isolation ;
les fenêtres ;
le système de chauffage ;
la production d’eau chaude ;
les documents justificatifs utilisés ;
les éventuelles valeurs inconnues ou appliquées par défaut.
Le rapport d’encodage permet d’analyser plus précisément les données prises en compte. Le nouveau modèle de certificat PEB bruxellois fournit également des informations détaillées permettant de vérifier les principales valeurs encodées.
Une différence de score signifie-t-elle qu’il y a une erreur ?
Pas nécessairement.
Une différence limitée peut résulter d’une mesure plus précise, de nouveaux documents ou d’une évolution du protocole.
Une différence importante doit cependant être expliquée. Il peut alors être utile de demander au certificateur de comparer les principaux éléments encodés avec ceux de l’ancien certificat.
Lorsque des données sont manifestement incorrectes, une procédure de correction ou de mise à jour peut être envisagée. Le certificateur reste votre premier interlocuteur pour comprendre le résultat obtenu.
Comment éviter les mauvaises surprises ?
Avant la visite, rassemblez autant de documents que possible :
ancien certificat PEB ;
plans ;
factures de travaux ;
photos prises pendant le chantier ;
fiches techniques des isolants ;
documents de primes ;
références des vitrages ;
documents de la chaudière ;
réception ou contrôle PEB du chauffage ;
informations relatives aux panneaux photovoltaïques.
Il est également conseillé de transmettre les documents avant la finalisation du certificat. Le certificateur envoie généralement un projet provisoire après la visite, ce qui permet au propriétaire de vérifier les principales informations et de fournir d’éventuels justificatifs complémentaires.
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